Eglise Saint-Jean-Baptiste de Luigny (28)
XIIe-XVIe siècles
Luigny du latin Lupiriacus, pays des loups, qui autrefois infestaient la région.
Selon une charte rédigée en 1100 et 1150, l’église en ruine suite aux nombreux conflits qui se déroulaient à cette époque dans la région fut donnée par Guillaume de Vichères aux moines de l’abbaye Saint Père de Chartres qui s’engagèrent aussitôt à la restaurer.
De cette époque datent les parois de la nef percées de petites baies romanes en plein cintre. Sur la dernière travée du haut vaisseau de la nef, une porte aujourd’hui obstruée, préfigure l’entrée de l’ancienne sacristie qui jouxtait autrefois la nef dans sa partie nord. Plus large que la nef, l’abside semi- circulaire qui la prolonge témoigne également de la période romaine. Les trois baies en plein cintre qui les éclairaient ont été bouchées lors de l’édification du retable du maître autel au XVIIème.
Aujourd’hui seule une baie ogivale éclaire cette partie de l’édifice au sud du choeur. La façade occidentale, remaniée ultérieurement, présente un portail en anse de panier souligné d’une archivolte. Au dessus est percée une rosace circulaire appareillée d’élégants entrelacs. Un clocher massif en ardoises percées d’abat-sons géminés surplombe la toiture de l’église.
En raison de l’accroissement de la paroisse au XVème siècle, le Sieur Pierre de Saint Berthessin fit entreprendre vers 1550 l’agrandissement de l’église par la construction d’une chapelle composée de deux travées de bas-côté. A proximité du contrefort cornier Sud-ouest on peut remarquer les traces d’un cadran dépourvu de sa tige. A l’ouest du bas côté sud a été construite au XIXème siècle la sacristie en un disgracieux appentis.
Le charme de l’église réside dans le choeur qui conserve l’un des plus beaux ensembles mobiliers baroques des églises percheronnes.
Elle vit passer bien des curés mais le plus célèbre a été l’abbé Krier qui résida à Luigny de 1934 à 1956.
Ses paroissiens, croyants ou pas, étaient attachés à cet homme franc comme l’or. Alsacien il entra en résistance lors de la seconde guerre mondiale, menant campagne contre la STO. Dénoncé par la Guestapo il réussit à s’esquiver et grâce au soutien des uns et des autres se cacha jusqu’au 16 août 1944 où il revint dans sa paroisse à pied par la route de la croix du Perche. Ce fut alors une belle fête de retrouvailles et une messe d’action de grâce fut célébrée avec tous ses paroissiens.