"Le tourisme
peut protéger
et promouvoir
le patrimoine religieux"
Organisation mondiale du tourisme
Le tourisme spirituel en constante hausse


ARTICLE | 09/07/2012 | Par Bénédicte Drouin
Commenter | Imprimer | Classer

Le tourisme religieux représente 44 % du tourisme français (source Organisation mondiale du Tourisme). Il manifeste une attente spirituelle qui progresse chaque année et auxquels grands sanctuaires et initiatives locales tentent de répondre. Une belle illustration ce week-end avec la Nuit des églises.

« En cette période estivale, ne mettez pas Dieu en vacances! », a recommandé hier le pape Benoît XVI aux fidèles lors de la prière de l’Angélus.

L’opération « la Nuit des églises » est justement l’une des initiatives proposées pour mettre Dieu au coeur de l’été. Le service national de la pastorale liturgique et sacramentelle et la revue Nartex en sont les initiateurs. Plus de 540 églises sont restées ouvertes samedi 7 juillet au soir. Un vrai succès. L’an dernier elles n’étaient qu’une centaine. Au programme : visite
guidée, concert de musique sacrée, conférences, vidéos. Quelle différence entre ces ouvertures nocturnes et les journées du patrimoine ? Pour Olivier Andriot, organisateur de l’une de ces visites à Notre Dame de Châteauroux "une église n'est pas seulement un objet de déco.
Derrière le culturel, il y a aussi le cultuel" . Monseigneur Podvin porte parole de la conférence Episcopale soutient et encourage ces initiatives « elles sont destinées à mettre en valeur notre patrimoine religieux mais aussi à promouvoir la foi chrétienne » précise-t-il.

Le parrain de l’édition 2012 est l’acteur Michel Lonsdale, César du meilleur acteur 2011 (obtenu pour son magnifique rôle dans le film des Hommes et des dieux) : «
L’art et la foi sont très proches. Les très grandes oeuvres d’art sont souvent spirituelles ». Il voit dans ces propositions « une oeuvre missionnaire infiniment respectable et généreuse » et souhaite qu’elles soient bénies de Dieu.

Quand les pierres parlent de Dieu
Les vieilles pierres de nos monuments religieux -près de 50 000- ont aujourd’hui un fort potentiel d’évangélisation pour peu qu’elles soient habitées par des coeurs de chair et des âmes de feu. L’accueil du visiteur comme du pèlerin est plus qu’une habitude, elle est un devoir dans la tradition chrétienne...St Benoit dans sa règle préconise à ses moines : "On recevra comme le Christ lui-même tous les hotes qui surviendront,car lui-même doit dire un jour: "j'ai demandé l'hospitalité et vous m'avez reçu" Chapitre 53.
Visites guidées de monastères par des étudiants chrétiens à l’abbaye de Sénanque ou encore accompagnées de moines à l’abbaye de Lérins au large de Cannes. Quelle que soit la manifestation, l’essentiel est qu’elle mette le pratiquant fervent comme le touriste de passage face à Dieu. Ainsi peut-il en être des bénédictions de la mer annoncées à grands renforts de panneaux publicitaires comme celle de Port en Bessin ou encore des festivals de musiques comme celui de rock chrétien prolongé par une heure d’adoration le 1er juillet dernier à Arradon dans le Golfe du Morbihan


Une soif d’intériorité de plus en plus forte

Toutes ces initiatives répondent à une tendance de fond :
le besoin de « tourisme spirituel ». Le site économique la Tribune.fr avait fait l’un de ses gros titres au printemps dernier sur ce phénomène de société. L’été le confirme. Le tourisme spirituel a le vent en poupe. Le visiteur en recherche de spiritualité n’est pas forcément pratiquant, ni croyant d’ailleurs. Mais au coeur d’une société de consommation, il recherche des lieux de respiration, de silence, qui offrent du sens. Au point que les quinze villes sanctuaires se sont réunies en une association, Villes Sanctuaires en France, pour mieux accueillir ces nouveaux pèlerins dont
la progression augmente chaque année de 5 à 10 %. Géraldine Ballot, présidente de l’association identifie aussi l’émergence de nouveaux sanctuaires de plus en plus fréquentés, tels Alençon la ville natale de Thérèse de Lisieux, ou encore Nevers désormais ville-sanctuaire complémentaire du pèlerinage de Lourdes.

Avant les grands départs estivaux, Benoit XVI, lors de sa dernière catéchèse place saint Pierre, rappelait aux catholiques l’importance de faire « comprendre que le Christ est le seul trésor pour lequel il vaut la peine de donner son existence ».

Saisissons toutes les occasions de rencontres que nous offrent la période des vacances pour le manifester !



Bénédicte Drouin

La France séduit les adeptes du tourisme religieux
http://www.lefigaro.fr/conso/2012/04/06/05007-20120406ARTFIG00697-la-france-seduit-les-adeptes-du-tourisme-religieux.php
Mis à jour le 07/04/2012 à 09:26




Chaque année, le week end de Pâques attire des visiteurs des quatre coins du monde dans les villes sanctuaires françaises. Près de 51 Millions de touristes fréquentent chaque année ces sites religieux.

La France est déjà la «chouchoute» des touristes étrangers, avec 77 millions de visiteurs internationaux en 2010, selon l'Organisation mondiale du Tourisme (OMT)1. Et pour le rester2, elle peut compter sur ses quelque 50.000 édifices religieux (monastères, abbayes, cathédrales, églises, synagogues, mosquées, etc.) qui attirent de plus en plus de touristes, en particulier lors des fêtes comme Pâques3 ou la Toussaint. Mais pas seulement. «Il y a indéniablement une tendance profonde en faveur du tourisme spirituel», constate Géraldine Ballot, présidente de l'association Villes-Sanctuaires en France4, qui regroupe 15 sites de pèlerinages dont Lourdes, le Mont Saint-Michel5,
Chartres, Lisieux ou Vézelay (Yonne). La progression de la fréquentation de ces sanctuaires est stable depuis quelques années, de l'ordre de 5 à 10% par an selon les sites.


«Le contexte géopolitique 6au Moyen-Orient, notamment en Israël, pèse sur la demande en voyage en Terre Sainte, au profit des destinations européennes», observe-t-on à l'agence de voyage Route des Hommes à Paris, spécialisée dans l'organisation de séjours spirituels. Longtemps considéré comme une niche, le tourisme religieux est un marché en pleine expansion. A l'échelle mondiale, ce
secteur pèse 18 milliards de dollars (près de 14 milliards d'euros), en incluant les déplacements, l'hébergement et les activités qui y sont rattachées, et brasse 300 millions de voyageurs dans le monde, selon les derniers chiffres de la World Religious Travel Association (WRTA)
qui datent de 2007. En France, près de 51 millions de touristes fréquentent chaque année les sites religieux et de pèlerinage, selon Atout France
7, l'agence française de développement touristique. Dont près de 20 millions pour les seuls visiteurs venus de l'étranger!


En tête, les Allemands représentaient 17% de ces touristes en 2011, devant les Britanniques (15%). «Mais le visage du ‘touriste spirituel' se renouvelle, avec l'arrivée en force de visiteurs de nationalités émergentes8, en provenance de la Russie, de la Chine de l'Inde ou du Brésil», se réjouit la présidente de Villes-Sanctuaires en France. Ces derniers sont particulièrement friands du sanctuaire de Lourdes, qui accueille plus de 7 millions de visiteurs étrangers par an, et l'abbaye du Mont-Saint-Michel qui en reçoit plus de 3,5 millions. A Paris, la cathédrale Notre-Dame et le Sacré-Coeur de Montmartre ne sont pas en reste. Ces sites sont visités respectivement par 13 millions et
10,5 millions de personne chaque année. A noter également la belle performance de la cathédrale de Chartres, dont 1,5 million de visiteurs foulent les pavés annuellement, tandis que Rocamadour accueille le même nombre de pèlerins.


Des «vieilles pierres » au fort potentiel
Un engouement qui dépasse de loin la pratique religieuse9. «La part des visiteurs ‘non croyants' s'est considérablement développée. Ces derniers sont amateurs de lieux d'histoire, éloignés de la société de consommation quotidienne et propices aux rencontres et aux échanges», explique Géraldine Ballot. «Le pèlerinage est l'une des facettes d'un phénomène qui a émergé ces dernières années: le besoin
d'itinérance», ajoute-t-on chez Atout France. Un phénomène qui ne profite pas seulement aux sanctuaires. Près d'un demi-million de séjours en pèlerinage sont organisés chaque année, d'une durée moyenne de 5,1 nuitées. Ce qui représente plus de 2,5 millions de nuitées, réservées à 85% dans des hébergements marchands. «Le tourisme religieux est un marché à fort potentiel économique, qui bénéficie à l'ensemble de nos régions, et il faut donc encourager les porteurs de projets, publics ou privés, qui s'intéressent à cette filière», souligne Atout France, en balayant l' «idée reçue» selon laquelle «les ‘vieilles pierres' coûtent plus qu'elles ne rapportent».


Isabelle de Foucaud
Journaliste au service Économie

3
http://plus.lefigaro.fr/tag/paques
4 http://www.villes-sanctuaires.com/
5 http://plus.lefigaro.fr/tag/mont-saint-michel
6 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/15/20002-20120315ARTFIG00686-le-printemps-arabe-pese-encore-sur-le-tourisme.php
7 http://plus.lefigaro.fr/tag/atout-france
8 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/01/16/04016-20120116ARTFIG00696-les-touristes-chinois-flambent-en-shopping.php
9 http://plus.lefigaro.fr/tag/religion
10 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/15/20002-20120315ARTFIG00686-le-printemps-arabe-pese-encore-sur-le-tourisme.php
11 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/15/20002-20120315ARTFIG00680-tourisme-la-grece-tente-de-redorer-son-blason.php
12 http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/01/16/04016-20120116ARTFIG00696-les-touristes-chinois-flambent-en-shopping.php
13 http://www.lefigaro.fr/culture/2010/09/17/03004-20100917ARTFIG00613-des-hotels-dans-les-monuments-historiques.php
… Patrimoine culturel, tourisme religieux - Dans le contexte du développement du temps libre et du tourisme religieux, certaines initiatives permettent de sauvegarder, restaurer et mettre en valeur le patrimoine culturel religieux existant, comme aussi de transmettre aux générations nouvelles les richesses de la culture chrétienne, fruit d'une harmonieuse synthèse entre la foi chrétienne et le génie des peuples. Dans ce but, il semble souhaitable d'en promouvoir et encourager un certain nombre: - Introduire la pastorale du tourisme et du temps libre et la catéchèse à travers l'art, parmi les activités spécifiques habituelles des diocèses. - Concevoir des Itinéraires dévotionnels dans un diocèse ou une région, en suivant le réseau des lieux de la foi qui en constituent le patrimoine spirituel et culturel. - Rendre les églises ouvertes et accueillantes, en mettant en relief des éléments parfois modestes mais significatifs. - Prévoir une pastorale des édifices religieux les plus fréquentés, pour faire bénéficier les visiteurs du message dont ils sont porteurs et publier des documents simples et clairs élaborés avec les organismes compétents…
Conseil Pontifical de la Culture
Au Québec on pense aussi que la mise en valeur touristique peut contribuer à protéger les églises…
Stacks Image 88
Stacks Image 91
Stacks Image 94
Photo : ITAKEPHOTOSFORU - 123rf